dimanche 18 juin 2017

Treize Raisons - Jay Asher


Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu'elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D'abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l'oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer...






MON AVIS
Ce que j'ai "apprécié" dans cette lecture, c'est la notion du harcèlement moral et scolaire dont on ne parle pas assez et des conséquences réelles (par opposition au fait qu'on pense que cela ne peut jamais nous arriver, dans notre entourage ou que cela ne se passe que dans les fictions). Il s'agit également d'une thématique forte et poignante qui touche tout à chacun. Harcèlement scolaire, suicide, slut shaming comportement grégaire passif et passivité dans son ensemble, le pire du comportement jeunesse y passe dans ce roman. Jay Asher invite son lectorat à réfléchir et à prendre du recul sur son comportement de la vie de tous les jours, de ce qu'on ne voit pas ou ne veut pas voir, des détails que l'on juge insignifiant et de prendre conscience des possibles conséquences.

C'est un roman qui a fait grand bruit sur la toile, les réseaux sociaux et bien sur avec l'adaptation en série, il était difficile de passer à côté. J'en avais plutôt de grands espoirs, notamment au vu des critiques très positives à ce sujet.

Deux choses m'ont tout d'abord interpellée: la construction du roman et le point de vue de la narration, deux éléments étroitement liés. La construction tout d'abord, une cassette par raison, une cassette par personne "responsable". Chaque cassette est l'occasion pour Clay, notre narrateur, qui découvre les cassettes d'Hannah au fur et à mesure comme le lecteur, d'y associer une histoire mais plus particulièrement un souvenir. Ainsi, on jongle entre deux points de vu: celui de Hannah qui déroule son histoire et celui de Clay, comme une voie off à celle d'Hannah et qui nous délivre sa vérité. On suit ainsi tout le cheminement qui a mené Hannah à commettre son geste irréparable. Et tout comme Clay, l'impatience grandit de découvrir pourquoi il fait parti de cette liste maudite.

A la découverte de cette dernière raison, je dois dire que je ne suis vraiment pas satisfaite. Il n'y a clairement pas de prise de risque de la part de l'auteur concernant le personnage de Clay en l'occurrence. Mais c'est aussi un reproche que je peux faire sur une grande partie des personnages que j'ai trouvé manichéens. C'est finalement assez lisse et Jay Asher ne nous donne pas l'occasion de voir un repentir ou une remise en question directement dans le roman. Ce que je trouve dommageable.

Le deuxième gros point négatif, si ce n'est le plus important, est pour moi le manque d'implication et de conséquences de toute cette histoire. Où est la prise de responsabilité ? Les retombées ? Les conséquences ? Les punitions (le cas échéant) ?
Si les lignes sont parfois un peu floues dans certains cas, il y en a où cela n'est clairement pas le cas. On peut donc agir en toute impunité ? Cela aurait du être traiter, ou au moins en partie. De même, la responsabilité de Hannah n'est pas réellement mise en cause non plus, elle qui rejette une partie de son suicide sur les autres.

Toute cette réflexion est à mon sens la plus intéressante mais n'est pas abordée ou pas assez. Et c'est dommage. D'où la déception de cette lecture ? Que nous apprend-on finalement ? Oui, le harcèlement moral et scolaire (harcèlement que j'ai trouvé parfois léger) existe, fait connaître l'enfer à des élèves, des enfants innocents, parfois par l'agressivité de personnes, parfois par leur passivité, mais il n'y a donc pas de retombées ? Pas de conséquences ? Juste un message d'espoir et de pardon (que je ne reproche pas du tout au contraire, mais un peu léger dans cette configuration) et une mise en garde contre notre comportement quotidien.

Alors oui bien sur, c'est un roman jeunesse qui reste poignant, dur et touchant mais je trouve cela dommage que dans ce type de roman jeunesse justement, il n'y ait pas eu plus de détails portés sur certaines notions, comme le remord, la remise en question, la culpabilité, les conséquences, tout aussi importantes.

Après cette lecture mitigée, je sais que je ne regarderai pas la série, bien que certains points négatifs traités dans cette chroniques aient été "résolus". Je ne suis même pas sûre de regarder la saison prochaine qui a été annoncée dernièrement.


Le + : La visibilité d'une thématique et d'une cause importante et violente qu'est le harcèlement moral et scolaire, la manière originale de traiter le sujet.
Le - : La finalité du roman et la "morale" de l'histoire



MA NOTE: 


mardi 13 juin 2017

Dracula - Bram Stocker

Un jeune notaire anglais, Jonathan Harker, est envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client, le comte Dracula, nouvel occupant d'une propriété londonienne. L'homme qu'il découvre est une créature démoniaque, un mort-vivant qui boit le sang de ses victimes... Jonathan échappera-t-il au vampire ? Et quel sort attend Mina, sa douce fiancée ? Récit fantastique où l'étrange se mêle au réel, la célèbre fiction de Bram Stoker interroge et bouleverse les certitudes des personnages... et du lecteur !




MON AVIS

J'ai toujours eu envie de lire et de découvrir la littérature classique sans jamais vraiment oser me lancer. C'est chose faite maintenant avec un petit roman dont l'univers est bien connu: Dracula de Bram Stoker.

Je crois que je m'attendais à tout, sauf à ce que j'ai lu. Découvrir Dracula sous la plume de Bram Stoker a été un moment particulier. On a tous une idée de ce qu'est un vampire aujourd'hui: la littérature fantastique nous offre toute une panoplie de "modèle" vampirique. Mais rien ne vaut le retour aux origines du Vampire, pour s'en faire une véritable idée. Mes croyances concernant Dracula en ont même été bouleversées puisque ce que je pensais être vrai ne l'était pas, même concernant le lieu où l'histoire se déroule.

L'histoire en elle-même est complexe, et différentes voies s'imbriquent pour créer un recueil de témoignages formant le roman de Dracula. Il s'y mêle épistolaire, carnet de voyage, coupure de presse, témoignages, journal intime... Le recueil se lit donc comme une histoire vraie, un journal intime des différents protagonistes qui vont prendre part à la découverte et à la traque du plus fameux des vampires a.k.a Le Comte Dracula. J'ai trouvé ce procédé très ingénieux et encore peu commun. Tout s'imbrique ou ne s'imbrique pas, et tout au long du roman, mon cerveau s'est obstiné à remettre les pièces du puzzle ensemble, à la manière d'un polar. Le lecteur est  ainsi plongé en pleine enquête à la poursuite du fléau qui s'abat sur la petite communauté.

On est ainsi confronté à ce que l'on sait et ce que l'on croit savoir du mythe du vampire. J'ai été finalement surprise par les lieux et par certains des personnages mis en lumière dans ce roman. De plus, on connaît déjà les symptômes, certains des éléments les plus évidents du vampirisme, ainsi que les signes avant coureur et on a hâte que les protagonistes assemblent ces fameuses pièces du puzzle laissées ici et là par Bram Stoker.

Le style d'écriture est donc un style de vieux romans, auquel il faut parfois s'accrocher pour enchaîner les chapitres et poursuivre sa lecture. Pour ma part, je devais être concentrée pour comprendre les différentes informations données par l'auteur et comprendre comme celles-ci venaient étayer son propos. Le style un peu grandiloquente et la syntaxe lourde plombaient légèrement la fluidité de lecture. Des personnages un niais et très sentimentaux, s'attardant sur l'amour qu'ils ressentaient à presque toutes les pages venaient compléter ce tableau. 

L'autre point qui m'a dérangé, mais toujours lié à l'époque d'écriture du roman, est la vision ancienne de la femme et de son rôle dans la société, bien qu'il y ait eu à plusieurs reprises quelques prises de position que je décrirais comme féministes.

Quant aux personnages, si je les ai trouvés intéressants et bien menés tout au long du roman (chacun tant fidèles à eux-même, avec des actions et des réactions correspondant à leur caractère), je n'ai pas réussi à m'attacher à eux.

Il n'empêche qu'en le lisant, j'ai clairement compris pour quoi Dracula était resté aussi profondément ancré dans l'esprits collectifs et comment il avait pu marquer son temps. Les codes du Fantastique actuel sont clairement repris (ou plutôt créés ici): une demoiselle en détresse, un fléau qui s'abat sur les hommes, un monstre démoniaque à abattre... une ambiance glauque et obscure, du suspense, de l'angoisse et la nuit qui empreigne fortement tout le roman.

Une lecture finalement difficile, dû aux longueurs du roman et un manque d'action évident. Un manque d'action qui se fait d'autant plus ressentir avec une fin que j'ai jugé bâclée et trop rapide après toutes les longueurs et l'évidence de quelques indices disséminés tout au long du roman, dont les protagonistes sont tout à fait au courant

Ce roman a du avoir de fortes retombées à l'époque quand le mythe du vampire n'était pas aussi ancré dans les mœurs. L'effet a du être retentissant pour celui qui le lisait et ne savait pas du tout quel était le sujet mystique de ce roman. Je reste néanmoins contente d'avoir pu découvrir le "vrai" Dracula et non pas les versions édulcorées et romancées contemporaines.


Le + : Un retour aux origines du Vampire et à son mythe, le format épistolaire
Le - : La lourdeur et les longueurs, des personnages peu attachants


MA NOTE


A Un Fil - Rainbow Rowell

Le mariage de Georgie bat de l’aile, et ça ne date pas d’hier. Pourtant, son mari et elle n’ont pas cessé de s’aimer. Deux jours avant d’aller fêter Noël dans la famille de Neal, sa femme lui annonce qu’elle ne sera pas de la partie. Scénariste pour la télévision, elle doit impérativement rester à Los Angeles pour se consacrer enfin à sa série. Lorsque son mari décide de partir dans le Nebraska seul avec les enfants, Georgie croit avoir tout fichu en l’air… jusqu’au moment où elle découvre un moyen de communiquer avec Neal dans le passé. Ce vieux téléphone jaune à cadran rotatif lui fait faire un bond de quinze ans en arrière ; c’est peut-être l’occasion rêvée pour remettre son couple d’aplomb.




MON AVIS
Je me suis lancée dans ce roman alors que j'étais en vacances aux Etats-Unis et après avoir lu un roman lourd et oppressant, un peu de légèreté s'imposait lors de ces vacances. Aussitôt pensé, aussitôt choisi !

Margaud de la chaîne la-liseuse en avait parlé dans une chronique, notamment suite à sa rencontre avec l'auteure Rainbow Rowell, et la 4ème de couverture m'avait beaucoup plu. C'était une histoire, avec son côté un peu fleur bleue, qui pouvait me plaire. 

Je dois dire que le cadre et le contexte sont plutôt intéressants et intrigants. Un téléphone permettant de passer des appels dans le passé. Mais pas à n'importe qui dans le passé. Son mari, jeune, avant même qu'il ne soit la mari de Georgie McCool. Et si tout pouvait changer grâce à ce vieux téléphone jaune ?

Rainbow Rowell maîtrise complètement la forme du dialogue entre ses personnages puisque une grande partie du roman ne repose et n'avance que sur les conversations des différentes protagonistes, que ce soit à travers un téléphone magique, un téléphone normal ou le face à face. Les non-dits dans ces conversations sont également tout aussi, voire même plus puissants que ce qui est dit dans ce roman. C'est une forme de roman qui change du type que l'on peut rencontrer dans les romances littéraires.

Cependant, les dialogues entre le Neal du passé et la Georgie actuelle m'ont parfois dérangée et souvent exaspérée. Le lecteur se retrouve avec des discours grandiloquents, quelques fois fades, voire niaiseux à base de "je t'aime, moi non plus, marions nous, mais non on ne peut pas" qui loin de faire efficacement avancer l'intrigue, m'ont donné l'impression de patauger dans la semoule. Il manquait de fond à ces lamentations amoureuses. 

Le point positif, malgré cela, c'est que l'on peut voir la relation de Georgie et de Neal sous différents angles: les flash-backs nous en apprennent plus sur leur relation amoureuse de leur jeunesse, nous apprécions la vie amoureuse actuelle par le regard de Georgie, tout cela mis en perspective par le rapport qui se crée au travers du téléphone jaune entre Georgie et Neal. C'est ainsi que j'ai pu réellement les apprécier, eux, leur famille et l'histoire d'amour qui s'était ainsi créée entre eux, et comment je suis presque tombée amoureuse de Neal, la force tranquille du roman. C'est une jolie histoire d'amour avec une petite touche magique.

Les personnages m'ont plus mais sans plus. Georgie est une femme carriériste, un peu clichée, qui en a presque oublié sa vie de famille. Cet aspect ne m'a pas trop dérangé car il est présenté de manière crédible de la femme/mère qui travaille et qui est passionnée par son métier et se reposant par le même coup sur son mari. Je dois avouer que le fait qu'elle ne puisse joindre son mari et qu'elle ne fasse pas plus d'effort de ce côté là m'a aussi grandement agacée. Que ce soit elle ou Neal ! Même s'il s'agit du fil conducteur de l'histoire... Le développement de personnage comme sa sœur, son associé voire sa mère ou son nouveau mari aurait pu être un plus bien venu également.

Enfin, à mon sens, il s'agit d'une fin très et trop rapide que j'ai vu venir dès la 10ème page du roman je pense. Une fin qui laisse sur sa faim également, car il n'y a pas de réel dénouement, comme il n'y avait pas eu de réels rebondissements auxquels il n'était pas possible de s'attendre. Finalement, rien n'est résolu. Les protagonistes n'ont pas vraiment évolué ou avancé depuis les premières pages du roman. C'est ce qu'il m'a manqué pour être réellement conquise par ce roman: une fin originale, une prise de position marquée.

Il s'agit quand même d'un roman bien sympathique, avec lequel j'ai passé un bon moment de détente. Malgré les petits bémols dont je viens de vous faire part, il n'en reste pas moins que je l'ai lu très rapidement avec un petit côté addict, dû notamment à la jolie plume de Rainbow Rowell que je viens de découvrir.
Je me ferai donc un plaisir de découvrir d'autres de ses romans, comme Eleanor & Parks ou FanGirl qui ont plus fait l'unanimité.


Le + : Une jolie romance addictive, une intrigue de départ attractive
Le - : Un manque de fond pour le développement cohérent des personnages, une fin en suspens



MA NOTE